Relations substances-société

L’objet de la sculpture relationnelle est de permettre aux publics ou participants à un workshop ou à une performance, de prendre des positions dans la problématique des perturbateurs endocriniens, de construire des alliances entre des acteurs, de reconnaître des lignes de conflit et de controverses avec les champs de recherche scientifique et les subjectivité, les enjeux politiques, sociétaux et culturels associés.

La manpulation des composants

Les composants de la sculpture peuvent être manipulés par les publics pour prendre connaissance de la diversité des acteurs, effets, substances, produits concernés. Dans l’esquisse de Berlin, ces composants sont des flacons
en plastique contenant de l’eau du robinet, et portant une étiquette chargée d’information. L’eau est potentiellement “contaminée“ par le plastique perturbateur, au fur et à mesure de la mise en exposition.

Les flacons comportent chacun une étiquette portant différents codes Lettre et Couleur :

Code couleur

  • bleu = pétrole,
  • rouge = pharma,
  • vert = agro

Codes lettre

  • A = acteur
  • E = effet
  • P = produits
  • S = subjectivité
  • M = substance
  • K = knowledge

La mise en jeu des composants

La question des perturbateurs endocriniens nous concerne intimement.Elle met en jeu des questions sanitaires (toxicité) et sociétales (normativité du genre, contraception). Mais également des enjeux industriels et géopolitiques (fusions industrielles entre groupes agro-, pétro- et pharmachimiques, alliances chimiques Chine/USA, etc.). La sculpture met en perspective notre relation aux perturbateurs endocriniens en problématisant la complexité des interactions entre toutes les parties prenantes du sujet :

Les acteurs

  • les producteurs de perturbateurs endocriniens appartenant aux complexes pharma-, agro- et pétroindustriels;
  • les acteurs publics ou privés producteurs directs ou indirects de réglementations;
  • les lanceurs d’alertes et laboratoires travaillant sur les perturbateurs et leurs effets sur les organismes et l’environnement ;
  • les acteurs indirectement impliqués tels que le planning familial, etc.
  • les consommateurs faisant un usage quotidien de ces matières, les ingérant, s’en servant à des fins cosmétiques, alimentaires, sanitaires, …

Les produits

Les perturbateurs sont directement associés à des produits issus des agro-, pharma-, et pétroindustries, affectant de façon directe ou indirecte, les humains et non humains.

Les substances

Les substances qui entrent dans les productions pharma-, agro et pétroindustrielles sont identifiées, répertoriées et pour certaines d’entre elles, testées pour en évaluer la toxicité. Elles sont dotées d’une agentivité mondiale, circulant dans les chaînes alimentaires et les réseaux de production/consommation.

Les effets et les controverses associées

La toxicité des substances est évaluée par des laboratoires et entrent dans des procédures parfois longues et controversées, mises en tension par des intérêts concurrents (intérêts industriels/intérêt de santé publique). Ces effets n’affectent pas seulement la santé, la société ou l’environnement mais également suscitent, s’intègrent, participent ou qualifient des controverses sociétales. Ils qualifient des subjectivités.

Les subjectivités

Si les plastiques, les hormones de synthèse et les produits agrochimiques ont incarnés, chacun à leur manière la modernité triomphante et servis de supports au développement des subjectivités industrielles, ces substances ouvrent désormais de nouveaux champs de subjectivation sur la base d’une diffusion mondiale des toxicités, mettant en cause les à priori éconormatifs qui ont prévalus jusqu’alors. Des imaginaires et des molécules se sont associées les uns aux autres faisant surgir des paysages politiques et culturels dont nous commençons seulement à prendre conscience.

 

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